| Thierry Urbain | archéologies du désert | photographies 1994-96 |
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Les photographies présentées ici s'inscrivent dans la démarche d'un travail qui, depuis 1985, est en relation avec l'architecture, l'archéologie et le paysage. Situées au Proche-Orient ou dans l'ancienne Mésopotamie, ces architectures me sont toujours apparues comme des lieux hiératiques et intemporels ouverts à l'imaginaire des sciences humaines car la géographie et l'histoire peuvent s'y présenter comme des utopies. L'exotisme recherche l'insolite, l'étrange, en un mot l'effet, et joue le choc de la distance géographique... Je recherche au contraire l'intimité de la vision intérieure : un désert alibi, libérateur, lieu privilégié d'accès à la connaissance de soi même. Le désert se mérite disent les touaregs : au cours du voyage, chacun est sensé découvrir ce qu'il a emmené. Nos propres images sont tenaces et nous accompagnent souvent à notre insu. Le complexe labyrinthique de Babylone, avec ses terrasses, ses cours et ses escaliers, apparaît comme une véritable forteresse des Arts et du Savoir, conçue non pas comme une simple bibliothèque pour conserver des documents mais bien plutôt comme un autel à grande échelle pour célébrer toutes formes d'écriture. De la même manière, la Citadelle et le Sanctuaire de Qsar El Saràb semblent être à certaines heures un vaste théâtre d'ombres. Ces architectures archétypiques nous permettent de reconstruire l'espace aux dimensions de notre propre imaginaire, de superposer à la présupposée réalité photographique l'équivalent d'une carte intérieure. L'architecture n'est plus là objet d'étude mais révélation de la ligne, de la géométrie à travers l'espace et sa lumière. La poésie est dans la sobriété du lieu comme dans celle de l'image, dans leur caractère profondément sacré, dans la paix et le calme d'une atmosphère lourde de la présence sans vie de civilisations dont les vestiges resteront à jamais chargés de mystère. english version |
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